Sep
29
2011

Fibromialgie : dysfonctionnements et fibromyalgie

Au cours de la fibromyalgie, il existe des preuves concernant le dysfonctionnement du système nerveux qui gère la douleur (phénomène de nociception). Grâce aux nouvelles techniques d’imagerie médicale, et plus particulièrement celles de débitmétrie cérébrale (single photon emission tomography [SPECT]) et d’IRM fonctionnelle, il est possible maintenant de mettre en évidence des lacunes de fonctionnement au sein de certaines structures cérébrales et plus précisément du thalamus et du noyau codé. Les noyaux codés jouent un rôle essentiel dans les phénomènes d’inhibition, c’est-à-dire de freination de la douleur, ou si on préfère dans les capacités que possède chaque individu à diminuer les sensations douloureuses. Ces phénomènes d’inhibition sont le résultat des messages qui proviennent du cortex cérébral (pour les spécialistes : somato-moteurs par l’intermédiaire de la voie pyramidale). Les techniques dont nous venons de parler montrent une perturbation de la vascularisation chez l’individu atteint de fibromyalgie, c’est-à-dire un trouble de l’apport sanguin au sein du thalamus et du noyau codé.
Différents dosages montrent que la quantité de substance P, dont nous avons parlé précédemment, est élevée à l’intérieur du liquide céphalo-rachidien.
Bien entendu ces dosages ne sont effectués que dans des centres spécialisés. C’est la raison pour laquelle ils ne sont pas demandés en pratique médicale courante.
D’autres recherches, en particulier sur des anomalies génétiques du promoteur du gène du transporteur de la sérotonine, ont également été mises en évidence. Les autres médiateurs participant aux phénomènes douloureux et à leur contrôle sont : dynorphine A, le nerve growth factor et le calcitonine gene-related peptide.
Récemment, certains récepteurs qui devraient normalement être inhibés afin d’éviter les épisodes douloureux (allodynie généralisée) survenant chez chaque individu, ont été mis en évidence. Il s’agit des récepteurs N-méthyl-D-aspartate (NMDA) dont l’activation semble en partie expliquée la survenue des épisodes douloureux intolérables qui surviennent chez le patient fibromyalgie.

Pour ” traiter” la douleur, de nombreuses techniques sont actuellement utilisées.
La plus fréquente, qui concerne les douleurs relativement légères, fait appel aux analgésiques, antalgiques (anti-douleurs). Il s’agit avant tout de l’aspirine, du paracétamol, des anti-inflammatoires ne contenant pas de corticoïdes (cortisone).
Pour les douleurs plus importantes, on utilise des analgésiques narcotiques (proches de la morphine).
Tous ces médicaments, chez le patient atteint de fibromyalgie, ne donnent habituellement aucun résultat. Il s’agit même de ce que l’on appelle un test thérapeutique. Autrement dit, si ces médicaments n’apportent aucun soulagement, le diagnostic s’oriente vers une fibromialgie car le patient présente ce que l’on appelle une douleur de désafférentation (voir ci-dessus).
C’est la raison pour laquelle certaines molécules telles que la prégabaline (Lyrica) ou le clonazépam (Rivotril) sont utilisés car il s’agit de médicaments généralement efficaces dans ce type de douleur. Rivotril est prescrit à raison de 5 à 10 gouttes par jour le soir au coucher et le clonazépam est débuté à 25 mg dans les mêmes conditions puis éventuellement augmenté. Chacun de ces deux médicaments présente des effets secondaires dont il est nécessaire de tenir compte. En ce qui concerne le Lyrica, il faut faire faire des analyses sanguines afin de déceler une éventuelle atteinte de la formule numération sanguine, notamment du nombre des globules blancs. Bien entendu, ces deux médicaments ne peuvent être pris que sur ordonnance médicale.
D’autres techniques comme la mésothérapie, l’acupuncture, la cryothérapie sont des alternatives intéressantes.

La prise en charge psychologique du patient est également particulièrement importante. En effet, si le seuil de la douleur est le même chez tous les êtres humains, c’est-à-dire si chacun de nous perçoit la douleur à partir de la même intensité, en revanche la tolérance de la douleur varie de façon considérable d’une personne à l’autre. Celle-ci est influencée par des facteurs autres qu’organiques (psychologiques, culturels, etc…). Les émotions, et de façon générale l’état mental de l’individu a une incidence sur la douleur.
Différents antidépresseurs ont été tentés chez le fibromyalgique. Il s’agit avant tout de l’Amitriptyline, la Fluoxétine, la Paroxetine, le Citalopram.

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